Le financement a-t-il été difficile à réunir pour un tel projet ?
Il a été très difficile de trouver des investisseurs pour le film.
Bien que la plupart aient dit que le problème était l'inceste (mon psy dit que techniquement ce n'est pas de l'inceste puisque les deux frères ne peuvent pas procréer), je pense vraiment que l'homosexualité entraîne encore du rejet et effraie.
Je me suis associé avec une société de production dirigée par un producteur Fernando Libonatti et un comédien brésilien très connu, Marco Nanini qui aimaient l'histoire et le projet depuis le début. Mais ce fut néanmoins très difficile de trouver les financements.
Nous avons dû payer la majeure partie du film avec des prêts bancaires et nous devons encore de l'argent.
D'un autre côté, nous avons été très chanceux en ce qui concerne l'équipe technique et les acteurs qui nous ont énormément soutenus.
Le directeur de photo du film, Ute Steiger, est suisse et a travaillé sur la plupart des films de Roland Emmerich ("Godzilla", "Le Jour d'Après", "10 000") et d'autres super-productions. Il est venu travailler sur "Jamais Sans Toi" parce qu'il aimait l'idée du film.
Le directeur artistique, Bruno Schmidt, vit à Paris et est venu sur le film aussi parce qu'il y croyait.
Julia Lemmertz qui joue la mère et qui avait déjà travaillé sur deux autres films avec moi, m'a dit après avoir lu le scénario que c'était une des plus belles histoires qu'elle ait jamais lues.
Joao Gabriel et Rafael Cardoso, les acteurs qui jouent les deux frères adultes, se sont complètement investis dans le film…
Le sujet du film est l'un des derniers tabous. Cela a-t-il été difficile ou cela a-t-il été un bon outil de promotion pour le film ?
Je n'ai pas traité le sujet du film comme s'il s'agissait d'un tabou. L'homosexualité de nos jours n'est plus considérée comme une tabou, même s'il y a encore de l'intolérance.
Quant au fait qu'ils soient frères, donc deux hommes, cela rend impossible le fait qu'ils puissent procréer et évite les allusions à la légende qui dit que des gens du même sang ne peuvent engendrer que des monstres…
Peut être que le fait d'avoir traité le sujet de cette manière rend la film plus provocant et je comprends que tout le monde ne voie pas les choses de la même manière que moi.
Je cite souvent Bernard Shaw quand je parle de mon film : " Vous voyez les choses et vous demandez «pourquoi?». Mais je rêve de choses qui n'existent pas encore et je demande «pourquoi pas ?»".
Comment s'est déroulée la sortie brésilienne ?
Le film est sorti en novembre au Brésil avec 12 copies et a fait près de 100.000 entrées.
Il est toujours projeté dans certaines villes du Brésil.
Votre film va être distribué dans le monde entier. Que ressentez-vous ?
La France va être le premier pays à sortir le film après le Brésil. Je suis très excité et curieux de connaître les réactions du public. Je sais qu'il sortira aussi en Argentine en juillet, mais je ne connais pas les autres dates de sortie. Je suis très fier, bien sûr, mais au delà du côté personnel, j'aimerais que le film fonctionne internationalement et attire l'attention afin que les gens discutent du sujet du film et parlent désormais d'une histoire d'amour homosexuelle comme d'une simple histoire d'amour. Je voudrais qu'ils comprennent que peu importe les préférences sexuelles, tant que personne ne souffre, toute histoire d'amour doit être respectée.
Quels sont vos projets ?
Je prépare une comédie sur le mariage, probablement une comédie très cynique. J'ai aussi un autre projet au Soudan et deux autres au Brésil.
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